30.09.2011

La propreté en débat sur la canebière

eelv,écologie,marseille,poncet ramade,cordier,ciq,propretéLa fac de droit, c'était vraiment « ze place to be », hier soir sur la Canebière pour assister au grand déballage sur la propreté. La foule des grands jours était là pour savoir si on allait enfin publiquement pouvoir dénoncer, dans le désordre: ces branleurs de cantonniers, les marseillais sales et inciviques, les élus clientélistes...

Effectivement le grand déballage attendu a bien eu lieu, dans une ambiance d'ailleurs plutôt bon enfant. Il faut dire que les principaux mis en cause n'étaient pas présents, à savoir le syndicat majoritaire, FO pour ne pas le nommer, et les responsables de la communauté urbaine qui cogèrent les services avec ledit syndicat. La troïka de la propreté, qui comme les cinq mousquetaires, est formée de  quatre élus a donc eu beau jeu d'annoncer, par la bouche de Patrick Mennucci, quelques pistes pour répondre aux critiques de la population: un recrutement des cantonniers sous forme de concours et plus à la tête du client, une vraie formation pour les recrutés et les encadrants, la remise en cause du fini parti... etc... etc...

Un jeu finalement assez classique entre population qui récrimine et effets d'annonce des élus. Au delà de la mise sur la place publique de tout ce que tout le monde savait déjà, notamment sur la désorganisation des services induite par  la cogestion et le  clientélisme généralisé, la responsabilité des élus a, de fait, peu été mise en cause. Patrick  Mennucci, Yves Moraine, Sylvie Andrieu et  Martine Vassal ont ainsi pu se présenter comme les chevaliers blancs qui vont enfin remettre de l'ordre dans l'organisation de la propreté à Marseille.

Quant au contenu du débat il  n'a pas débordé hors de la question de la propreté. Pourtant, on le sait bien, les maux dont souffre le ramassage des escoubilles concernent tous les aspects de la gestion de l'espace public, depuis le papier gras, jusqu'à la petite délinquance en passant par la bagnole ou le scooter sur le trottoir. Ils se nomment absence de projet, tolérance mal-t-à-propos et petits arrangements entre amis.

A juste titre, Monique Cordier, présidente de la confédération des CIQ, s'exclamait donc, excédée, qu'elle avait l'impression de se trouver dans une assemblée générale de CIQ. En effet les questions fondamentales, comment associer la population à l'élaboration d'un projet motivant et au suivi de sa mise en œuvre, ont à peine été effleurées. Notamment par Michèle Poncet Ramande, présidente du groupe EELV à la mairie, qui s'étonne qu'on n'aborde pas les questions de l'efficacité du tri sélectif et de la réduction de la production des déchets à la source mais aussi par la sociologue qui clôtura la soirée en notant que l'assistance, nombreuse et réactive, était révélatrice de  la demande par la population d'une plus grande association à la gestion de la ville et de l'espace public. Une attente dont,  dans toute ville fonctionnant normalement, la réponse incombe aux politiques, pas aux syndicats.

On attend donc impatiemment les prochains Etats Généraux, initiés par les élus cette fois, pour « sauver les trottoirs marseillais » en butte non seulement aux crottes de chiens mais aussi aux terrasses de café ( il faut bien qu'ils travaillent...), aux voitures et, de plus en plus, aux scooters ( ils ont pas de place ailleurs...).

MF

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